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LES ESTIVANTS

de Maxime Gorki

Les Estivants comme une suite des Barbares.
La suite du travail avec ce groupe d'acteurs-là, la suite de notre étude sur Gorki.
Creuser le sillon avec ténacité, insister. Descendre dans les profondeurs. Énerver. Épuiser.

C’est avec cette exigence que tout au long de ces derniers mois, je me suis approprié la matière littéraire pour en faire une adaptation ou plus précisément une articulation qui aboutit à un matériau premier pour le travail de plateau.

De Tchekhov à Gorki : deux études parallèles se nourrissant l'une l'autre.

D'un monde qui se regarde mourir à un monde qui se voit naître. Un monde ancien qui dégénère, un monde nouveau non encore parvenu à voir le jour, où, dans le clair-obscur, peuvent surgir les pires monstres comme les plus belles chimères.


L'écriture de Gorki ne nous met pas en suspens par rapport au dénouement de la fiction, elle nous oblige au contraire à nous intéresser au déroulement des actions. Au présent de l'acte. Passé et futur viennent de surcroit. Ainsi Gorki est un formidable laboratoire d'analyse comportementale. Situations extrêmes, situations crise, situations crash. Évidemment.

Et ces situations, il ne s'agit ni de les théoriser, ni de les commenter, ni de les imiter, il s'agit d'en être. Gorki ne produit pas un théâtre d'idées mais un théâtre matérialiste, où être est un processus d'adaptation aux circonstances de la vie, chacun devant composer entre son bonheur individuel et son désir d'appartenance à la communauté.

Il ne s'agit pas d'un spectacle de plus, mais de poursuivre une recherche sur l'acteur (être), sur notre héritage théâtral (avoir), sur la place du théâtre dans l'époque, sur la place de l'époque dans l'histoire, sur la place de l'humain dans cette histoire-là.

Les personnages de Gorki ne sont là ni pour nous divertir, ni pour nous communiquer quoi que ce soit, Ils ne sont là ni pour nous être sympathiques, ni pour devenir nos héros ; juste ils sont là. Et il faut bien faire avec. En revanche, et c’est là où ils nous troublent, leur place et leur rôle ils ont bien du mal à les reconnaitre et à les tenir. L'individu chez Gorki est une découverte permanente et non une donnée fixe et définitive.

On aimerait tellement pouvoir s'identifier à des personnages de théâtre, on aurait tellement besoin de guides et de lumières, mais qui voudrait s'identifier à ces gens- là, qui voudrait s'identifier à soi-même, et qui voudrait de soi comme guide?


Regardons-les œuvrer dans ce clair-obscur, sans espoir de lendemains qui chantent, sans petites lumières scintillantes dans le lointain. Ces estivants-là tracent leur chemin dans la forêt, et les branches et la pluie fouettent douloureusement leurs visages. Et nous réconcilient avec ce que nous sommes.


Éric Lacascade, novembre 2008 

 

 

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Dossier Les Estivants

Mise en scène : Eric Lacascade Collaboration à la mise en scène : Daria Lippi Assistants  : David Botbol, Alice Martinache Scénographie : Emmanuel Clolus Lumière : Philippe Berthomé Costumes : Marguerite Bordat Son  : Marc Bretonnière Régie générale : Joël l'Hospitalier Atelier costumes : Amélia Holland, Myriam Rault, Valérie Tellier Construction Décor : Atelier du Grand T / Nantes, François Aubry, Jean Chrétien, Arnaud Quinson Avec : 
Jean Boissery : Deuxpoints
Marco Manchisi : Zamyslov
Arnaud Chéron : Doudakov
Jérôme Bideaux : Souslov
Christophe Grégoire : Bassov
Stéphane Jais : Rioumine
Eric Lacascade : Yakov Chalimov
Christelle Legroux : Calérie
Daria Lippi : Youlia
Millaray Lobos Garcia : Varvara
Elisabetta Pogliani : Maria Lvovna
Laure Werckmann : Olga
Noémie Rosenblatt : Sonia
Grégoire Baujat : Vlas Production : Théâtre National de Bretagne–Rennes Coproduction : Les Gémeaux–scène nationale de Sceaux, Compagnie Lacascade, avec la participation artistique de Jeune théâtre national



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